NOTE : Une série de textes sur cette génération d’artistes marocains postcoloniaux qui ont beaucoup apporté à l’art marocain s’impose. Je commence ici par André Elbaz qui vient de rendre une visite bien sympathique à mon atelier, à la galerie « The William Street Gallery » (encore en travaux au moment de sa visite) et à notre centre d’art à Montréal. L’ordre dans lequel je présenterai les artistes de cette génération n’a aucune importance puisqu’il ne suivra aucune logique particulière. L’essentiel est que les textes soient courts pour que nos jeunes artistes sachent qui a fait quoi pour ce beau pays. Ne dit-on pas qu’il faut savoir d’où l’on vient pour savoir où l’on va?

 

 

Qui est André Elbaz?

(Num.194 BOUHIOUI) 20 mai 2012

 

André Elbaz est d’abord un homme qui a su, après près de six décennies de peinture et d’autres activités artistiques, rester simple et curieux. C’est un artiste marocain de confession juive qui est né à Eljadida en 1934 d’un père photographe, conteur, violoniste et luthiste.

 

Elbaz s’est d’abord intéressé au théâtre. À l’âge de dix ans il met en scène des spectacles pour ses amis enfants. À vingt ans, il fait deux tournées avec la Comédie française (Rabat, Casablanca, Meknès, Fès, Tanger, El Jadida) et crée des affiches pour le spectacle "La Station Champ Baudet".

 

La peinture d’Elbaz a été influencée par plusieurs artistes tels que Dufy, Matisse, Braque, de la Fresnay, Rouault, Picasso, Turner, Goya qu’il découvre lors d’une visite à El Prado à Madrid et surtout De Staël qui devint son unique référant durant plusieurs années.

 

Au début des années 60, Elbaz enseigne à l’école des beaux-arts de Casablanca lorsque Belkahia en était le directeur. Il s’en va ensuite vivre à Montréal durant trois années. De retour à Paris en 1973, il reprend son travail d'éducateur, enseigne le théâtre et le mime et met au point ce qu’il appelle « pictodrame ». Durant plusieurs années, il se consacre essentiellement à l'art thérapie. En 1986, il prend part à un stage de  fabrication de papier chez Sonia Gerber à Strasbourg et découvre les possibilités qu'offre à sa création ce nouveau matériau.

 

Au début du troisième millénaire, Elbaz éprouve la nécessite de rendre compte de son époque. Il ressort des dessins, les découpe, et poursuit sa série intitulée « L'Exécution de l'œuvre »,correspondant à environ 621 dessins détruits.

 

Actuellement, Elbaz vit entre Paris, Narbonne et le Maroc avec sa femme Françoise qui travaille étroitement avec lui sur plusieurs projets artistiques et littéraires.

 

Merci

BOUHIOUI